Economie et pouvoir d’achat

 
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Avant de nous occuper de la fin du monde, occupons nous de nos fins de mois difficiles ! +

Il est dangereux d’opposer les fins de mois difficiles et la fin du monde, l’urgence climatique et la dignité du bien vivre. L’histoire montre que ce sont toujours les plus pauvres et les plus faibles qui paient le prix fort lorsque l’environnement est détérioré. Les plus riches mettent toujours en place et tant qu’ils le peuvent des stratégies d’évitement pour s’adapter aux situations environnementales dégradées.

Faute de traiter à la fois la crise écologique et la crise sociale, nos gouvernements renoncent à combattre ET l’une, ET l’autre, laissant les Français seuls, dans l’impasse, au risque de faire vaciller la démocratie. Nous leur devons les gares fermées, les paysans qui se suicident, la concentration des commerces en périphérie, les services publics supprimés et déshumanisés, les distances domicile-travail toujours plus longues, la malbouffe, la pollution, la relégation…

La lutte contre le changement climatique est encore un prétexte pour plus d'impôts. +

Nous, écologistes, sommes pour que chaque euro collecté par la fiscalité écologique servent à accompagner les citoyens dans la transition et investir, par exemple dans les transports du quotidien et dans l’isolation des logements. Au final, c’est une forme de redistribution écologique : ceux qui polluent le plus paient pour accompagner la transition écologique au bénéfice des plus fragiles.

C’est pourquoi nous sommes pour la création d’une «sécu» de l’environnement. C’est la réponse aux enfants et personnes âgées victimes de la pollution de l’air, aux 12 millions de personnes qui subissent la précarité énergétique, aux malades des pesticides, aux victimes des inondations et des sécheresses ... Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France a rassemblé ses forces pour relever les défis de la santé et du social. Retrouvons le courage du Conseil National de la Résistance pour nous attaquer ensemble au défi de la transition écologique.

Les écologistes veulent créer toujours plus d’impôts. Ne serait-il pas possible de faire de l’écologie positive, plutôt que de prévoir tout le temps de nouvelles taxes ? +

L’écologie est toujours positive, puisqu’elle permet à la fois de préserver l’environnement, notre cadre de vie, et d’améliorer la vie des citoyens en les protégeant des pollutions ! Elle permet aussi de faire des économies, sur les factures d’énergie par exemple. Avec la fiscalité écologique, les produits et services vertueux deviennent moins chers et les produits polluants plus coûteux. La pollution a un coût financier mais aussi sanitaire, climatique et environnemental pour la collectivité toute entière. Il est logique de la taxer à la mesure des dommages collectifs qu’elle engendre !

La fiscalité écologique n’est pas punitive, elle consiste simplement à refléter le coût réel que fait peser chaque bien ou service sur l’environnement. Comparée à ses voisins européens, la France utilise très peu la fiscalité écologique. A l’échelle de l’Union européenne, elle se place même au dernier rang en la matière (en 2014, les recettes des taxes environnementales ne s’élèvaient qu’à 4,45 % du total des taxes et contributions sociales ).

La Cour des comptes rappelle que de nombreuses niches fiscales sont défavorables à l’environnement. Par exemple, l’aviation ne paie pas de taxation sur son kérosène, ce qui représente chaque année un manque à gagner dde plus de 3 milliards d’euros pour le budget de l’Etat. Cet argent serait plus utile pour tous s’il était investi dans la transition écologique, l’Etat doit arrêter de subventionner la pollution !

Les Allemands qui renoncent au nucléaire paient l'électricité plus cher que nous. +

C’est vrai qu’un citoyen Allemand paie son électricité deux fois plus cher qu’un Français . L’État allemand a choisi de faire peser le coût de la transition énergétique en grande partie sur les ménages par des taxes, d’où un prix élevé de l’électricité pour les particuliers. Mais il a exonéré les grandes entreprises pour préserver leurs marges.

Pourtant, la facture d’électricité mensuelle d’un Allemand dépasse celle d’un Français de 10 euros en moyenne, alors qu’il paie chaque kilowattheure deux fois plus cher. C’est parce que les ménages allemands consomment moins d’électricité que les ménages français. Seuls 5 % se chauffent au chauffage électrique, contre un tiers des ménages dans l’Hexagone. Ils sont aussi mieux isolés : cela nous prouve que la lutte contre les “passoirs énergétiques” permet de faire des économies tout en réduisant l’impact sur l’environnement. De même, un Allemand consomme environ 27 % d’électricité en moins qu’un Français pour l’éclairage, l’audiovisuel, l’électroménager et l’informatique.

Fermer les centrales nucléaires et au charbon, c’est forcément accroître le chômage, ce qui est inacceptable en période de crise. +

C’est faux. La transition énergétique va créer de nouveaux emplois en France. Ce sont 400 000 nouveaux emplois équivalent temps plein d’ici à 2039 qui pourraient être créés d’après le nouveau scénario negaWatt actualisé en 2016.

L’Ademe et l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ont évalué les créations d’emplois à 330 000 d’ici à 2030 et à 825 000 en 2050, prioritairement dans la rénovation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables (Ademe, OFCE, 2014).

Les deux organismes estiment que cela représente 20 000 emplois de plus chaque année jusqu’en 2050.

Fixer des limites d’émission de CO2 est suicidaire dans le contexte économique actuel. +

Le coût d’une action aujourd’hui est limité au regard de ce que les changements climatiques nous coûteront à l’avenir si rien n’est fait. Agir aujourd’hui, c’est dépenser pour anticiper et ne pas avoir à financer plus tard des sommes colossales pour s’adapter au changement climatique le coût de l’inaction serait bien supérieur au coût qu’aurait une politique volontariste de réduction des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui. Préparer nos entreprises à la transition énergétique c’est les aider à se rendre plus fortes.

Virginie Valière