Election europeenne du 26 mai 2019

Et si mon vote pouvait tout changer ?

 
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Nous sommes en 2024.

Nous sommes en 2024. Cinq ans plus tôt, on pensait que la planète allait mourir, que le climat était fichu. Pourtant, en écho aux mouvements citoyens qui voulaient sauver le climat, un sursaut a eu lieu. Tout n’est pas gagné mais tout est redevenu possible.

Que s’est-il passé ?

Cinq ans après les élections de 2019 et à l’aube des prochaines, retour en douze étapes sur le quinquennat européen qui a sauvé le climat.

 
 
 
Tout commence. Il y avait eu quelques signes avant-coureurs, des succès en Belgique, en Allemagne, ou encore au Luxembourg. Le scrutin du 26 mai fait la bascule. Les partis écologistes réalisent des scores importants et établissent un rapport de force qui leur permet enfin de peser. La majorité du Parlement européen apporte espoir et nouveauté. Avec 72,1% de participation à l’élection, les Européen.ne.s ne se sont jamais autant mobilisé.e.s pour élire leurs représentant.e.s. Sans doute parce que, les années précédentes, les inquiétudes écologiques, sociales et démocratiques avaient déjà secoué le vieux continent. En France, les écologistes ont fait campagne pour un traité environnemental européen, qui fait de l’écologie la norme juridique supérieure et tourne le dos à la logique productiviste des anciens traités.
— Mai 2019
Le Parlement européen affiche un visage inédit, rajeuni et féminisé. Le discours inaugural accueille Greta Thunberg, jeune activiste climatique suédoise. Elle a tout juste 16 ans. Alors que les mouvements de jeunesse pour le climat se sont multipliés les semaines précédentes, elle invite la nouvelle assemblée à mesurer sa responsabilité vis-à-vis des générations futures. Loin de céder aux habituelles transactions qui voient la droite et la gauche procéder à des alliances confuses, les écologistes défendent l’idée d’une coalition pour le climat et présentent une feuille de route ambitieuse. Les écologistes sont désormais une force incontournable. Ils sortent l’Europe des rancoeurs passéistes et des débats obsessionnels sur les restrictions budgétaires, les questions identitaires et la remise en cause de l’État de droit. Pour la première fois dans l’histoire de l’Union, les parlementaires élisent un duo mixte à la tête de la Commission européenne. Les deux institutions se mettent au travail.
— Juillet 2019
Les premières mesures d’urgence sont votées. La Haute Autorité de la Transparence voit le jour. Elle garantit l’indépendance des institutions, des agents publics et des élu.e.s vis-à-vis des intérêts privés. On tourne la page de l’opacité des lobbies. Les lanceurs et les lanceuses d’alerte bénéficient enfin d’une protection digne de ce nom. Dans la foulée, deux autres changements majeurs entrent en vigueur : la transparence de l’utilisation des fonds de l’Union et la possibilité de poursuivre les gouvernements qui ne respectent pas l’Etat de droit. Concrètement, en cas de manquements, les pays voient une partie de leurs subventions européennes gelées, puis redirigées vers les structures qui œuvrent à préserver la démocratie sur leurs territoires.
— Octobre 2019
Le Parlement et la Commission recueillent les résultats des débats organisés partout dans les territoires à la rentrée précédente pour alimenter leur travail. L’ouverture du droit de vote à partir de 16 ans ramène dans le jeu public la jeunesse européenne, galvanisée à l’idée de refonder l’Europe autour d’un projet commun. La génération climat entre en scène.
— Janvier 2020
Le changement s’accélère : le budget de l’Union passe de 1% à 5% du PIB européen grâce à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières. Priorité de l’Union : le bien-être social et environnemental, un engagement pris devant les citoyennes et les citoyens pendant la campagne de 2019.
— Avril 2020
Le Plan d’investissement massif pour le climat, à visée écologique et sociale est prêt. Chaque année et pendant dix ans, 100 milliards d’euros seront investis pour l’emploi et la transition écologique. Un projet financé via la Banque Centrale Européenne grâce à l’arrêt du financement du système bancaire, à la Banque Européenne d’Investissement, à l’incitation aux investissements privés et aux ressources propres de l’Union en pleine forme grâce à la taxe sur les transactions financières. Jamais un montant aussi élevé n’avait été mobilisé pour répondre à la fois à l’urgence environnementale et aux objectifs de service public et de lutte contre la précarité. La transition écologique européenne est sociale. L’économie se transforme en profondeur notamment grâce aux grands plans de formation pour les travailleurs et travailleuses européen.ne.s. Les grands groupes se réorientent, leurs commandes aussi : les TPE et PME sont dans les starting-blocks pour répondre à ces nouvelles demandes. Pour qui a connu les années de chômage précédentes, c’est le monde à l’envers : les analystes prévoient la création de 6 millions d’emplois dans l’Union, les salaires augmentent et les mêmes éditorialistes qui se lamentaient sur l’absence de travail en viennent à redouter une pénurie de main d’œuvre.
— Octobre 2020
Sous l’impulsion des écologistes, le Parlement Européen propose enfin une refondation complète de la politique agricole commune à l’occasion du budget de la PAC pour la période 2020-2026 : la fameuse Politique Agricole et Alimentaire Commune (PAAC). Ambition, montrer que la préservation de l’environnement crée des emplois. Le volet est triple : social (on apporte des réponses aux difficultés du monde agricole et on crée des emplois), sanitaire (on protège la santé des producteurs.trices et des consommateurs.trices), et évidemment environnemental. Les subventions vont d’abord aux petites exploitations et à l’agriculture biologique pour assurer des revenus décents et des produits de qualité. L’agriculture européenne doit devenir 100% biologique et locale d’ici 2050.
— Fin 2020
Le Traité pour la refondation de l’Europe est adopté. C’était une promesse de campagne des écologistes pour permettre à l’Europe de devenir le continent moteur de la transition écologique. Les débats citoyens ont duré un an, pour enclencher un nouveau cycle historique. C’est un enjeu civilisationnel : les droits du vivant sont garantis. Les crimes contre la nature, les écocides, sont enfin reconnus. Le principe de sobriété d’exposition porté par le traité environnemental protège la santé des populations. L’argent n’est plus la mesure de toute chose : la marchandisation du monde se voit opposer un texte fondamental européen qui refuse que la logique du marché soit notre loi commune.
— Janvier 2021
Le Traité environnemental entre en vigueur au grand dam des industries chimiques et pétrolières dont le lobbying est impressionnant. La situation les rend nerveuses : elles ont déjà perdu leurs subventions dans le cadre du Plan d’investissement écologique. Les échanges sont vifs avec les associations de victimes du glyphosate ou de riverain.e.s des centrales à charbons. Le vote entérine des critères de convergence écologique. Ce sont eux qui, depuis, matérialisent les objectifs de préservation de la santé et de l’environnement pour les citoyen.ne.s européen.ne.s, tout en empêchant le dumping environnemental et sanitaire des grands groupes continentaux.
— Mars 2021
Lors des élections en Hongrie, les partis europhobes et anti-démocratiques s’effondrent. La réussite des politiques sociales et environnementales de l’Union européenne a mobilisé les électeurs et les électrices. Leur soutien au dynamisme démocratique et les garanties apportées aux droits de l’opposition ont permis le reste.
— 2022
L’Europe fait face à une vague de froid historique jusqu’au Sud de la Méditerranée et en Asie centrale. Quelques années plus tôt, on aurait redouté la pénurie d’énergie, la paralysie des transports et on se serait inquiété des familles en situation de précarité énergétique, surtout avec la suspension des exportations d’énergie de la Russie qui répondait d’abord à sa demande intérieure. Mais, au retour du printemps, on constate que l’économie européenne n’a pas été paralysée. Les transports ferroviaires locaux ont continué de circuler et, grâce aux programmes de rénovation thermique prévus par le Plan d’investissement écologique, la facture énergétique des ménages n’a pas flambé autant qu’on le craignait. Les systèmes énergétiques européens sont désormais interconnectés et reposent largement sur une production d’énergie locale et renouvelable. On table sur une décarbonation complète d’ici 2050.
— 2023
L’Union européenne affiche une situation sociale et économique stable. Les emplois qualifiés non- délocalisables créés par le Plan d’investissement écologique assurent la constance de la demande intérieure, et le Fond social pour la transition écologique, adossé au plan européen de lutte contre la pauvreté, a réduit les inégalités entre Européen.ne.s. Aux Etats- Unis, la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez candidate à la Maison Blanche pour 2026 promet l’instauration urgente de mesures similaires en cas de victoire. Depuis le sursaut planétaire né en 2019 de l’urgence climatique, l’Europe comme de nombreuses régions du monde travaillent de concert à un futur solidaire.
— 2024