Manifeste pour une Europe Sociale

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L’écologie est une question sociale. Certes l’effet de serre se fiche bien du taux d’imposition de chacun, certes la calotte glaciaire fond sous les pieds des riches comme des pauvres, certes le péril climatique expose l’humanité entière à un destin commun. N’empêche : les populations ne sont pas également affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales.

Les plus vulnérables sont les plus touchées. Ce ne sont pas les riches qui vivent au bord de l’autoroute. Ce ne sont pas les riches qui meurent des pesticides et de l’amiante.

Et ceux qui souffrent sont les moins responsables de la catastrophe planétaire. Ce ne sont pas les pauvres qui sont à eux seuls responsables de 71% des émissions mondiales de CO2, ce sont 100 entreprises.

La pauvreté, elle, est un frein au développement des modes de consommations et de productions alternatives. Qui peut décemment imaginer que les ménages les plus modestes peuvent s’offrir une alimentation respectueuse de l'environnement, des fruits et légumes issus de l'agriculture biologique, des produits non transformés ? Quels smicards entreprennent la rénovation énergétique de leur logement (pour autant qu’il en soient propriétaires) pour réduire leur consommation d’énergie ?

C’est un fait : la position sociale d’un humain conditionne son accès aux ressources et joue sur sa vulnérabilité.

Où l’on habite, ce que l’on mange, la possibilité de fuir en cas de catastrophe naturelle… tout cela dépend d’abord de si l’on est bien ou mal né. Justice sociale et justice environnementale sont les deux faces de la même pièce. Alors, forcément, qui veut une Europe écologique ne pourra faire l’économie d’une Europe sociale, et inversement.

Ce combo inégalitaire suppose un traitement simultané des deux fléaux, pour tous et d’abord pour les plus précaires, ceux qui connaissent des difficultés à se nourrir correctement, à se chauffer, à se déplacer, et à trouver des emplois.

Les écologistes ne cesseront de le répéter, la justice sociale est un enjeu de salubrité publique et la justice fiscale en est un instrument majeur. D’un côté, on tolère le dumping fiscal, qui introduit de fait une distorsion de concurrence entre les États, de l’autre, on veut obliger les États à suivre des règles comptables figées, dépassées et impropres à prendre en compte les enjeux écologiques auxquels nous sommes confronté-e-s.

Il faut un plan européen de lutte contre la pauvreté, qui garantira à chacun.e un revenu minimum décent de la naissance à la fin de vie.

Il faut un salaire minimum européen : le marché a été unifié, pourquoi les systèmes de protection sociale et de rémunération ne seraient-ils pas lissés ? Pourquoi ne pas lutter contre le dumping social et harmoniser vers le haut les conditions de vie des citoyen.ne.s ?

Il faut un droit au logement opposable. Sans un logement stable et décent, dignité, santé, vie privée et familiale ne sont pas garanties.

Il faut un bouclier écologique et social: une nouvelle politique énergétique européenne pour accompagner les régions et les travailleurs des secteurs économiques les plus dépendants des énergies fossiles et toxiques vers une économie verte créatrice d’emplois, des emplois non délocalisables.

Il faut une révolution fiscale qui fasse vraiment payer les pollueurs. Il faut remettre la finance à sa place. Une taxe sur les transactions financières, avec un simple taux de 0,05%, peut apporter 190 milliards d’euros au budget européen. Une enveloppe pour lutter efficacement contre la spéculation, contre l'évasion fiscale, et pour financer la transition écologique.

L’Europe sociale n’est pas un slogan. C’est un projet.