C comme Chacun cherche son drapeau vert

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.

A voir la manière dont l’ensemble des partis professent désormais avec une belle vigueur, leur nouvelle foi verte, on pourrait penser que l’écologie se diffuse comme une épidémie.

Nous vivons l’instant où chacun rivalise d’éloquence pour affirmer urbi et orbi qu’il a embrassé la cause verte. Et tous de chercher leur drapeau vert: les uns pour s'en faire une parure, les autres pour l'ajouter timidement à la palette de leurs identifiants. Nous autres, écologistes depuis toujours, pourrions légitimement nous agacer de cette gigantesque entreprise de captation d’héritage et crier au greenwashing idéologique, tant dans certains cas la sincérité semble absente et la cohérence fragile. Mais telle n’est pas notre approche. Nous vivons ce moment comme un moment de cristallisation décisive ou la société toute entière s’empare enfin des questions écologiques que nous soulevons avec constance depuis des lustres. Enfin la prise de conscience de l’urgence s’accélère et nous devons nous en féliciter. Une fois ce constat posé, notre mission spécifique et notre utilité politique demeure essentielle : nous devons conduire le changement de système dont la planète a besoin. L’écologie ne peut être une partie d’un programme : elle est un tout qui demande une révolution politique. Elle rompt avec l’évangile de la croissance. Elle refuse le sacrifice des ressources naturelles.Elle redécouvre le sensible et défend les communs. Elle redéfinit le mot solidarité. Elle appelle à une réorganisation des temporalités politiques. En un mot, l’écologie réinvente le monde pour le sauver.

L’écologie ne peut être une partie d’un programme : elle est un tout qui demande une révolution politique.


Pour cette raison, l’écologie doit être cardinale. Elle est la direction à suivre radicalement, et à grand pas. C’est donc aux écologistes qu’il revient d’être la force propulsive du changement. Nous y sommes préparé-e-s par des décennies de luttes sur le terrain comme dans les institutions. Nous savons que le gouvernement actuel parle beaucoup et agit peu. Nous connaissons le poids des lobbies que nous affrontons quotidiennement notamment au Parlement européen où ils sévissent en toute impunité. Nous savons que l’écologie n’est pas compatible avec la marchandisation du monde. Nos convictions ne datent pas d’hier et leur modernité ne se dément pourtant pas. Nous sommes une force nouvelle.

Voilà pourquoi nous continuons à déconcerter les commentateurs politiques qui voudraient définir notre identité à notre place. Parce que notre projet n’est soluble ni dans la vieille gauche productiviste ni dans la droite libérale. Nous ne sommes pas épinglables dans les cosmogonies anciennes : notre place est inédite. Pour autant nous ne sommes ni ambigus ni ambidextres. Nous sommes le futur qui s’avance pour réclamer son droit à être. Nous sommes la nature qui se défend. Nous sommes la jeunesse du monde qui veut secouer les chaînes d’un système périmé qui tue la planète et oppresse les humains. Nous sommes le vivant qui ne veut pas mourir de la folie de la finance. En un mot, nous sommes les écologistes. Ce qui signifie que la cause que nous défendons est le combat de notre vie. Et nous le disons sans forfanterie mais aussi sans faiblesse à celles et ceux qui pensent que le combat écologique est né quand leurs yeux tardifs se sont enfin ouverts : il ne suffit pas de repeindre à la hâte son étendard en vert pour pouvoir prétendre donner des leçons d’écologie à celles et ceux qui depuis toujours la défendent.

Nous sommes le futur qui s’avance pour réclamer son droit à être.


Nous en appelons à la lucidité des citoyennes et des citoyens. Quand la campagne avancera, demandez des comptes aux uns et aux autres. Regardez leurs antécédents, décelez les incohérences, ne soyez pas dupes des postures marketing et des sourires Ultra-brite. Préférez l’original vert à la copie délavée d’une ambition superbe. Vous qui hier ne votiez pas pour les écologistes précisément parce que notre programme vous apparaissait trop vert, c’est le moment de rompre vos habitudes et de nous rejoindre. Votre vote peut sauver le climat. Chaque bulletin en faveur d’Europe Écologie-Les Verts renforcera de manière décisive le poids de l’écologie face à celles et ceux qui pensent que des demi-mesures suffisent.

Tout autre vote diluera l’urgence, et ajournera le changement.

Vous le savez.

Rendez-vous en mai.