Qu'est-ce qu'on attend pour accueillir dignement les migrant.es ?

Fondée sur des valeurs humanistes et sur l’idée de solidarité entre les peuples, nous aurions pu attendre de l’Union européenne qu’elle se retrouve aux avant-postes des efforts entrepris pour accueillir les personnes réfugiées. Mais, loin de s’y trouver, elle a déçu par sa tiédeur et cette crise est une crise de l’accueil. Plus encore, elle représente une crise de notre humanité que l’Europe paraît incapable d’incarner politiquement par des actes qui soient à la hauteur des enjeux.

L’externalisation des politiques migratoires aux frontières de l’Europe (Libye, Turquie, ...), les morts quotidiennes à nos frontières (en Méditerranée, dans les Balkans, dans les Alpes entre l’Italie et la France), la généralisation des pratiques répressives dans nombre de pays européens, les expressions de plus en plus décomplexées et violentes d’une xénophobie latente nourrie par un fond d’air nationaliste et populiste, la criminalisation des actes de solidarité... Ces évènements prennent place dans un monde où la migration et plus largement la mobilité deviennent trop souvent les seules voies de salut possibles face aux bouleversements climatiques et environnementaux, aux crises sociales, économiques et politiques et aux conflits que ces crises entraînent dans leur sillage.