Nouvelle frontière

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Edito du 1er avril

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Le droit est une matière hautement inflammable. Loin de ne concerner que les personnes expertes, les polémiques juridiques peuvent mettre le feu à la plaine des débats de société. Parce que dire le droit c’est toujours dire quel monde commun on veut bâtir, autour de quelles règles et de quelles normes. Voilà pourquoi pour celles et ceux qui, comme nous-mêmes, défendent la condition animale, la déclaration de Toulon fera date. De quoi est-il question  ? Vendredi 29 mars, Caroline Regad, Louis Balmond et Cedric Riot, juristes de la faculté de droit de Toulon ont déclaré que l’animal devait désormais être considéré comme une personne physique non humaine. Si une telle perspective devait rentrer dans le droit ce serait une véritable révolution.

«  Les animaux ont des droits  »

La déclaration de Toulon s’inscrit de fait dans une réponse aux travaux des chercheurs de Cambridge, qui dès 2012 postulaient que les humains n’étaient pas les seuls à détenir les substrats neurologiques de la conscience. Dit plus simplement, les animaux ne sont pas des choses. L’intuition sensible de cette réalité aurait depuis longtemps dû suffire à aiguiller notre droit dans ce sens. Seulement voilà, la tradition est têtue  : le droit français s’obstine à soumettre les animaux au régime des biens alors même que depuis 2015, leur sensibilité a été reconnue. C’est cet état de chose que nous voulons changer. Parce que pour nous, les animaux ont des droits. La déclaration de Toulon est l’oeuvre de juristes qui répondent à des spécialistes des neurosciences. Elle vise à conjuguer les savoirs de différents champs pour faire progresser la considération des animaux dans nos sociétés insensées parce devenues insensibles. Si nous en parlons dans cet édito, c’est également parce que cette déclaration trace un lien entre la France et le Royaume-Uni, venant souligner, en plein Brexit que l’Europe des savoirs partagés peut continuer à exister.

Dans la campagne de l’élection européenne, nous avons à cœur de faire avancer, par plusieurs propositions concrètes la condition animale. Pour cette raison, et pour d’autres, à l’heure où la préfecture des Hautes-Pyrénées vient d’autoriser un projet dément de porcherie entre Lourdes et Tarbes, nous refusons les fermes-usines. Blesser les animaux, c’est toujours nous mettre en danger à terme  : la malbouffe commence par la maltraitance animale. Nous proposons de cesser de subventionner les exploitants agricoles qui maltraitent les animaux. Nous souhaitons, à l’instar des millions d’Européens et d’Européennes qui ont signé des pétitions en ce sens, réduire drastiquement les temps de transport des animaux. Notre perspective est globale et radicale, ambitieuse et précise. Nous vous invitons à consulter plus longuement la partie de notre programme consacrée à ces questions pour vous faire votre avis en conscience.

«  L’animal est un sujet. Pas un objet  »

Ne vous laissez pas embarquer par les sarcasmes des cyniques qui affirment sans nuance qu’on a mieux à faire que de disserter sur le sort des poussins broyés ou des dauphins mutilés. Nous voulons redire ici à quel point ces questions sont politiques, dans le sens le plus noble du terme. Oserons nous dire qu’il y a même une dimension morale dans ces questions ? Assurément oui. Si nous prenons résolument le chemin de la sortie de l’indifférence à la souffrance animale, notre civilisation ne peut que s’en trouver meilleure. La contribution des écologistes à cette évolution est décisive. L’animal est un sujet, pas un objet. La défense du droit de l’animal à être constitue bel et bien une nouvelle frontière de la prise de conscience de notre destin terrestre commun.

Pour une Europe de la défense de la condition animale, des droits de la nature et du vivant, rendez-vous en mai.